Séminaire
des 27 et 28 Mai 2002 ONG et Biodiversité
Programme
Environnement Vie et Sociétés du CNRS
Organisé par APSONAT, “
Appropriation et Socialisation de la Nature ”,
avec la collaboration de l’UNESCO-Links
Une part de l'influence croissante des
ONG dans le champ de la biodiversité tient aux paragraphes consacrés dans
l'Agenda 21 (Sommet de la Terre, Rio) et aux textes ultérieurs émanant du secrétariat
de la Convention sur la biodiversité aux savoirs traditionnels écologiques (désignés
en anglais par l’acronyme"TEK" pour Traditional Ecological
Knowledge), des populations indigènes et locales. Ces savoirs locaux sur la
gestion de la nature acquièrent ainsi, du moins formellement, une
reconnaissance internationale. Encore faut-il pouvoir les recueillir, ce qui
implique un effort de collecte, puisque pour une grande part ils sont des
savoir-faire, transmis par l'apprentissage "sur le tas" et par la
tradition orale. Dans le cadre de conventions avec l’Etat, ou tout autre
institution, ces savoirs sont généralement transcrits sous forme écrite, de
façon à ce qu'ils puissent s'intègrer aux modes de gestion "occidentale"
basés sur les sciences du vivant.
De
nouvelles questions émergent alors, illustrant les difficultés de
l’entreprise :
Les problèmes linguistiques et différences conceptuelles
entre les catégories de notre science et celles des autres formes de savoir
(champ traditionnel de l’ethnoscience), le passage de l’oral à l’écrit
et la normalisation inhérente, enfin le questionnement sur la cohérence
des représentations des peuples indigènes, comprises en Occident comme un
mélange hétéroclite entre des croyances et des connaissances.
Le rôle des ONG et une partie de leur pouvoir en tant que médiateurs (Middlemen, brokers, patrons), en particulier dans le domaine du savoir des Autres ne viennent-ils pas de ce paradoxe : la reconnaissance par les instances internationales et nationales d’un savoir qu’ils ne peuvent appréhender ?
Plusieurs thèmes feront en particulier l’objet des
interventions :
1
- Des savoirs des Autres et des ONG :
Recueil, mise en forme, transmission et
“traduction” d’une vision du monde à une autre. Y a-t-il, et est-ce éthiquement
acceptable ou souhaitable, validation par la science occidentale des savoirs
locaux ? Peut-on observer des échanges de savoirs dans les deux sens ? Quel est
le rôle que joue l’école, ou les ONG qui font de “ l’éducation
environnementale ” en instruisant les enfants d’une autre culture :
n’y a –t-il pas risque de dévalorisation des savoirs locaux ?
2 – La question de la légitimité
Cette question est fondamentale pour
l’ensemble de la problématique ONG, mais particulièrement complexe quand il
s’agit de peuples autochtones. Certaines “ organisations non
gouvernementales ” peuvent être de fait gouvernementales ou presque.
Comment d’autre part rendre compte du lien entre local et international (ONG
du tiers monde qui se présentent comme locales, mais dont les membres ont été
formés à l’extérieur, aux Etats-Unis par exemple) ?
3
- ONG indigénistes et parcours “professionnel”
Comment
passe-t-on du statut de simple “consultant”, à la création d’une ONG spécialiste
et “représentante” d’un groupe local, jusqu’à des champs de compétence
de plus en plus élargis : gestion de régions entières en raison de la déshérence
de l’Etat ?
Coordination
roue@mnhn.fr
Introduction
Projects of Desire: Indigenous Landowners, Western NGOs
and Asian capitalists in Solomon Islands"
Les
ONG au Vietnam : la sauvegarde du “ naturel ” peut-elle
s’effectuer sans relation aucune avec les connaissances socio-culturelles
?
Marie ROUE, Apsonat, CNRS/MNHN
Environnementalistes
américains et Indiens Cris, une alliance contre nature et fertile
Construction
d’une nouvelle image “ écologique ” de l’Indien : la spécificité
de la trajectoire mexicaine
Enjeux
autour de la gestion des ressources : le rôle des ONG face à la nouvelle
loi d’autonomie locale en Indonésie
Mardi
28 Mai
9 H 30 à 12 H 30
Discutant
: Philippe DESCOLA, Professeur, Collège de France
Peter
BRIDGEWATER, Directeur, MAB/UNESCO (Ancien Président
de l’International Whaling Commission)
Whaling
or Wailing? - the International Whaling Commission from several viewpoints
Brent
BERLIN and Elois Ann BERLIN, Département
d’anthropologie, Université de Georgia
NGOs and Prior Informed Consent in Bioprospecting Research
Laure
EMPERAIRE,
IRD/ISA, et Florence PINTON, LADYSS/Université Paris10-Nanterre
Les
obstacles à la requalification des savoirs traditionnels face aux enjeux de la
conservation des ressources phytogénétiques : le cas du Manioc en
Amazonie
Discutant
: Brent BERLIN, Professeur, Université de Georgia
Thora HERRMANN,
doctorante, Université d’Oxford
Can NGOs be a real support for the indigenous Mapuche
peoples or are they the new colonialists in rural Chile?
Gonzalo
OVIEDO (indépendant)
et Douglas NAKASHIMA, UNESCO-Links
Traditional ecological knowledge in the agenda of international
conservation organizations